Où commence l’éthique dans la communication? Quand décider d’une condamnation pour un dérapage? La recherche de la vérité dans l’information peut-elle cohabiter avec le sensationnel lorsqu’il touche trois piliers majeurs d’une société qui, de la tragédie Grecque aux analyses de Freud, fondent les actes humains dans leur rapport à la mort, au pouvoir et au sexe?
Un tabloïd au pilori
Un premier problème éthique s’était posé en 2000 lorsque le tabloïd anglais News of The World avait publié les noms et photos de quarante-neuf pédophiles suite au décès d’une petite fille de huit ans agressée sexuellement. Un second problème avait émaillé l’actualité en 2002 avec un cran supplémentaire au tiraillement éthique. Des investigateurs travaillant pour ce même tabloïd avaient piraté le portable d’une adolescente portée disparue, interférant dans l’enquête et surtout, les parents avaient été abusés dans leur espoir de savoir leur fille vivante du fait de ces manipulations. Ce qui a conduit à une crispation éthique des procédés d’investigation du tabloïd, c’est que plusieurs people ont pu être atteints dans leur dignité du fait d’écoutes téléphoniques illégales mais aussi parce que ce média appartenait à un groupe dont les deux dirigeants américains, le père et le fils Murdoch, sont également propriétaires de journaux de référence comme le Wall Street Journal dont la ligne éditoriale revendique un journalisme déontologique.
Une spirale infernale
A partir de là c’est un scandale politico financier et plus seulement éthique qui s’est déchaîné : deux commissions parlementaires, des limogeages de responsables du monde judiciaire et de la gouvernance étatique, des journalistes auditionnés… L’opinion publique n’a pu que prononcer une condamnation morale de ce qu’elle qualifie de « scandale Murdoch ». Mais la Commission d’enquête publique ne s’est pas encore prononcée sur des condamnations éventuelles. Deux façons de sortir d’une telle spirale. Par le bas : que cette tournade médiatique dévaste quelques principes démocratiques comme la liberté de la presse. Par le haut : en confortant une société dans son socle éthique et civique capable de préserver un espace d’expression démocratique vivant et constructif.
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