Politique en Espagne

Politique en EspagneLes élections de novembre dernier ont vu succéder au parti socialiste ouvrier espagnol, le parti populaire qui représente une mouvance de droite.

Un pays en phase de doute

Suite à la crise financière et aux préoccupations liées à l’emploi, une politique de rigueur avait déjà été entamée par l’ancien dirigeant José Louis Rodriguez Zatapero. Une austérité très impopulaire qui avait poussé à un rassemblement sur la place principale de Madrid, la Puerta del Sol, à la veille des élections.

Un paysage politique en strates du passé

L’après franquisme a fait émerger une monarchie espagnole qui s’est, par la suite, dotée d’une constitution donnant au pays un régime parlementaire et monarchique. Dans le même paradoxe d’un héritage historique, l’Espagne revendique une unité nationale tout en étant décentralisée, le territoire comprenant dix-sept communautés autonomes. Les dernières élections, en permettant une alternance politique, sont un signe de processus démocratique régulateur. Toutefois il n’est pas certain que le pays ait la maturité d’une identité collective réconciliée avec son passé et ses fractures démocratiques. Le deuil du franquisme n’a pas pu se faire car les faits sont encore récents. La violence terroriste n’a pas encore été totalement canalisée, des négociations étant toujours en cours avec l’ETA…

Une projection vers l’avenir sans un passé réconcilié

Ce manque d’un passé réconcilié ne peut servir de ciment politique capable d’unir des identités se repliant sur d’autres socles fondateurs comme une recherche de dénominateurs culturels communs. Ainsi la communauté de Galice qui met à l’honneur la Cornemuse comme un vecteur de la paix facilement exportable auprès d’autres communautés culturelles interceltiques. Il s’agit plus d’un repli sur un imaginaire commun, pouvant aller jusqu’à des revendications de plus grande autonomie, qu’un cahier des charges politique capable de mobiliser toute une population. Le risque c’est que quelque soit l’alternance politique d’une élection, la rue, sans le ciment d’un sens commun, risquera de se réfugier dans l’opposition mais non dans l’accompagnement d’un programme politique. Risque partagé par bien d’autres Etats: le sentiment que des systèmes économiques et financiers échappent aux pays qui les subissent, peut pousser les hommes à se réfugier dans des comportements grégaires et déresponsabilisants.

Image: cornelius – Fotolia

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